Selon des chercheurs néerlandais, sa consommation accroît les risques de syndromes psychotiques

Fumer des joints augmenterait-il le risque de psychose? Une équipe de chercheurs néerlandais vient de publier, dans le British Medical Journal, une nouvelle étude qui semble confirmer ce soupçon. La question de la relation entre troubles mentaux et consommation de cannabis est aujourd'hui au centre d'une controverse parmi les scientifiques sur les effets secondaires de la drogue. Si ces derniers s'accordent aujourd'hui à reconnaître la «faible toxicité à court terme» du haschisch et un pouvoir d'accoutumance beaucoup moins élevé que celui de la cigarette - comme le concluait, en novembre 2001, l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) dans un monumental rapport d'expertise - il n'en va pas de même pour les conséquences psychiatriques.

Les chercheurs ont suivi pendant quatre ans 2 437 jeunes de 14 à 24 ans

En 1987, des chercheurs suédois, après avoir suivi plus de 50 000 conscrits sur une période de quinze ans, ont constaté une augmentation des cas de schizophrénie liée à la consommation de cannabis à l'adolescence. Deux autres études publiées en 2002, l'une américaine, l'autre australienne, ont également mis en évidence un risque accru de symptômes dépressifs et anxieux chez les fumeurs précoces. Mais ces résultats ne permettaient pas d'établir une causalité directe entre la drogue et les troubles mentaux. Les sujets psychologiquement fragiles ont-ils tendance à consommer du cannabis, ou bien faut-il incriminer la «fumette» comme responsable de leurs troubles? Les chercheurs hollandais affirment avoir tranché cette question de la poule et de l'œuf. Dirigés par le Pr Jim Van Os, psychiatre de l'université de Maastricht, ils ont suivi, pendant quatre ans, une cohorte de 2 437 jeunes de 14 à 24 ans et concluent que «l'usage modéré de cannabis accroît les risques de présenter des symptômes psychotiques, avec un effet plus marqué chez ceux qui ont des prédispositions à la psychose». L'étude permet pour la première fois de répondre à la question de la causalité, car chaque jeune a été interviewé par un psychologue pour déterminer s'il était vulnérable ou non à la psychose. «Notre travail plaide en faveur d'un effet délétère du produit sur la santé psychique», note le Pr Van Os. La controverse n'est pas close pour autant: comme les consommateurs sont plus nombreux aujourd'hui qu'hier, il devrait aussi y avoir plus de cas de psychoses dans les jeunes générations. Or une étude australienne publiée l'an dernier le dément. Qui a raison? Difficile à dire. Plutôt inquiétant, le dernier rapport de l'Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT), rendu public le 25 novembre, constate que les consommateurs réguliers de cannabis sont en constante progression: en France, 9,2% des garçons et 3,3% des filles de 17 à 19 ans fument quotidiennement !

Gilbert Charles





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